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Malagar


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BnF_Art et médecine_1934_01.pdf

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J’écrivais sur Malagar tout ce qui me venait à l’esprit et au cœur. Autour de Malagar, cristallisaient mes souvenirs innombrables. La pensée ne me venait pas que mes dires pussent être, un jour, contrôlés. La chaleur des étés de mon enfance s’accumulait sur cette terrasse. Cette immense plaine muette, je ne la voyais pas directement, mais reflétée par des regards aujourd’hui éteints. Au vrai, Malagar vivait au dedans de moi sans que j’eusse jamais songé à le confronter avec ce vignoble à trois kilomètres de Langon, avec cette maison, ces communs, ces quelques arbres malades.

[Légende illustration]
La vigne de Malagar, objet des soins attentifs de François Mauriac. –Le Médecin, l’Écrivain, le Prêtre: trois frères Mauriac, trois missions noblement remplies. –La maison familiale.

Tel est l’inconvénient de la notoriété auquel je ne m’attendais guère: on veut connaître ce Malagar où tant de mes héros ont vécu, ont souffert. Pour la première fois, je m’efforce de le contempler avec les yeux d’un visiteur étranger. Je m’applique à me rendre compte de ce qu’il en reste, lorsque je le dépouille de tout ce dont ma poésie l’avait revêtu, et que j’en retire tout le sang dont je l’avais gonflé. J’oblige les vivants, les morts, les êtres inventés, ce peuple nombreux de fantômes que j’avais lâché dans ces allées, sous ces charmilles, à se replier, à disparaître.
Que dira-t-on, devant ce Malagar réduit à n’être plus que ce qu’il est réellement? Déjà, les airs déçus de certains visiteurs me reviennent en mémoire: “Ça, la terrasse de Malagar?... Où sont les charmilles?... Quoi? ces buissons?”
Oui, qu’est-ce en somme que Malagar? On monte une côte, dans le soleil. On traverse une maigre garenne, devant les communs. La terre ici n’aime pas les arbres; et les hommes, eux non plus, ne les aiment pas. La terre, sèche et dure, les nourrit mal. Centenaires, les miens sont petits et rabougris. Comme partout en France, beaucoup d’ormes meurent. (Les grand’routes sont bordées de ces cadavres qui ne pourrissent pas et dont l’anéantissement s’accomplit sans odeur.) Souvent une seule branche est atteinte; j’ordonne qu’on la coupe; l’arbre reprend; son agonie se prolonge. Mais parfois, l’orme le plus vigoureux est frappé d’apoplexie. D’un seul coup, il se dessèche comme le figuier maudit.
La garenne traversée, s’étendent les vastes hangars agricoles sous lesquels ouvrent l’étable, l’écurie, les logements des charretiers. Pourquoi mon grand-père a-t-il fait construire ce ridicule chalet de l’homme d’affaires, tout en hauteur, que l’on voit de dix lieues à la ronde, qui domine et écrase ma propre maison, et qui faisait dire à un paysan autrefois, que Malagar ressemblait à une “basque escornade”? (à une vache n’ayant plus qu’une corne).
Nous débouchons devant l’habitation, côté nord. Pas de perron. Dans la plupart de mes romans, je n’ai pas hésité à en construire un. Réparations imaginaires et qui ne coûtent rien. Je me contente d’un tertre bordé de sauges. Façade plate, sans autre ornement que la “génoise” au long des toits, qui orne toutes les maisons de maîtres, dans le Midi (mais qui n’est pas, ici, connue sous le nom de génoise). Mon grand-père a coiffé le pavillon central d’un lourd chapeau d’ardoises. Dieu merci, les deux ailes, les chais, le cuvier ont gardé leurs vieilles tuiles rondes. Édouard Bourdet m’a dit: “La première chose que je ferais serait d’enlever ces ardoises”. Je ne causerai pas ce chagrin aux mânes de mon grand-père qui s’est donné tant de peine pour déguiser sa maison en château (et jusqu’à le flanquer d’une tourelle supplémentaire). Enlever les ardoises? Je n’ai pas envie que mes paysans me prennent pour un fou!
De ce côté-là, une grande prairie descend en pente douce vers les coteaux de Benauge, derniers vallonnements de ce pays perdu, appelé l’entre-deux-mers; –paysage que j’aimerais, me semble-t-il, même si ma grand’mère et ma mère ne l’avaient tant chéri, même s’il n’eût pas enchanté André Lafon et si mon ami n’en eût pas rêvé en 1914, grelottant sous une tente du camp de Souges: “La prairie où le foin est peut-être en meules; les routes endormies sur lesquelles, tous ces soirs-ci, la lune a dû veiller…” écrit-il dans une des dernières lettres que j’ai reçues de lui.
A gauche, vers l’ouest, s’étend la vigne, dans le sommeil de la sieste, ou dans l’approche du crépuscule; la vigne, pour moi vivante, heureuse, souffrante, pressant contre elle ses grappes; mille fois menacée: les orages, la grêle, la canicule, la pluie; sans compter les maladies aussi nombreuses que celles qui atteignent les créatures humaines. Impossible à son maître de la voir du même œil que le visiteur indifférent.
Traversons le vestibule où, comme tous les enfants de toutes les grandes vacances, les miens, vautrés sur le divan, attendent que la chaleur soit tombée. Au sud, la cour brûle, entre les chais longs et bas. Deux piliers délimitent le panorama qui est la gloire de Malagar; les vieilles charmilles descendent vers la terrasse et le point de vue: Saint-Macaire, Langon, les landes, le pays de Sauternes. Que de fois ai-je décrit cette plainte “où l’été fait peser son délire”! Ce brasillement sur les tuiles et sur les vignes, ce silence de stupeur, tout cela existe-t-il “en soi”? A force d’avoir été contemplé par les êtres que j’ai aimés et par ceux que j’ai inventés, ce paysage est devenu pour moi humain, trop humain; divin aussi. A travers lui, je vois les ossements des miens qu’il révèle et dans chacune de ces pauvres églises dont les clochers jalonnent le fleuve invisible, la petite hostie vivante.
Tant pis! J’oserai dire ce que je pense: paysage le plus beau du monde, à mes yeux, palpitant, fraternel, seul à connaître ce que je sais, seul à se souvenir des visages détruits dont je ne parle plus à personne, et dont le vent, au crépuscule, après un jour torride, est le souffle vivant, chaud, d’une créature de Dieu (comme si ma mère m’embrassait). O terre qui respire!
A droite des charmilles, quelques bosquets: buis antiques, lauriers, les séparent de la vigne embrassée. A gauche, un verger, une allée de tilleuls qui longe la vue. Remontons vers la maison. Ouvrant sur le vestibule, une grande pièce que je me suis réservée, où les mouches bourdonnent dans l’odeur des murs salpêtrés. J’ai souvent décrit (Le Nœud de Vipères) cet acajou, ce palissandre, ces bibelots laissés là par les générations, comme les coquillages des marées successives… Lieu excitant pour le travail; véritable “forcerie” à l’usage du romancier où les livres mûrissent en trois semaines, où, bousculé par le démon, j’écris si vite que je ne puis même plus me relire si je néglige de dicter, le soir même, mon travail de l’après-midi. Pièce où je vivrai seul lorsque la rentrée aura ramené à Pairs mes enfants, où je demeurerai enfermé, au long de ces soirées pluvieuses d’automne qui sentent le pressoir, le vin nouveau, la brume.
Tel est Malagar. Et ces pages témoignent de mon impuissance à en réussir une description objective; d’ailleurs ai-je jamais rien pu décrire sans fermer les yeux? Il me reste d’espérer que les amis inconnus qui graviront un jour cette colline, n’auront aucune peine à passer par moi pour atteindre le vieux domaine. Puisque leur puissance imaginative leur permet de se plaire à mes pauvres inventions, ils sauront aussi ne pas en croire le témoignage de leurs yeux, et substituer au décor trop réel de la vie campagnarde, le monde sombrement enchanté où mes héros aiment, souffrent et meurent seuls. Pas plus qu’à moi-même, Malagar ne saurait apparaître à mes lecteurs tel qu’il est. Ils verront ici ce que les autres ne voient pas. Même après ma mort, tant qu’il restera sur la terre un ami de mes livres, Malagar palpitera d’une sourde vie… Jusqu’à ce que ce dernier admirateur soit, lui aussi, endormi. Alors Malagar redeviendra une propriété de vingt hectares plantés en vignes de plein rapport, située sur la commune de Saint-Maixant, à quarante kilomètres de Bordeaux, et où l’on récolte un bon vin, genre Sauternes, bien qu’il n’ait pas droit à l’appellation. Point de vue magnifique sur la vallée de la Garonne; maison de maître; vastes communs… Que de fois ai-je imaginé, dans une étude de campagne, l’affiche rose, la mise à prix que déchiffre un maquignon enrichi!

[Légende illustration]
Mme François Mauriac. –L’auteur du “Baiser au lépreux”, du “Désert de l’amour”, du “Nœud de vipères”, du “Mystère Frontenac”, naguère appelé, par l’Académie française unanime, à siéger sous la coupole. Il regarde ici sa terre: “Paysage le plus beau du monde à mes yeux, palpitant, fraternel, seul à connaître ce que je sais, seul à se souvenir des visages détruits dont je ne parle plus à personne…”

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